Dernier acte d'une pièce manqué

« Jugement numéro 15319882752017
le présumé pécheur se nomme Green Monkey,
arrivé ici après s'être étouffé avec son vomis »



La voix : « Entrez Monsieur Monkey, lécher les orteils du Saint-Père et asseyez vous là ! »

Dieu : « Bienvenue au Ciel Fils ! »

Monkey : « Hep ! »

Dieu : « Alors ? Qu'est-ce que ça te fait de savoir que j'existe ? »

Monkey : « Pas grand chose, j'me sens un peu comme un fils retrouvant le père qui l'a abanonné à la naissance. »

Dieu : « Qu'as-tu pensé du monde que j'ai crée ? J'ai bien fait de mettre des seins aux femmes hein ? »

Monkey : « Oui c'est vrai mais pourquoi m'avoir collé ce truc immonde entre les jambes ? »

Dieu : « As-tu aimé la vie ? »

Monkey : « Nan ! On s'ennuie et on souffre et puis, comment se fait-il que tu sois toujours sur messagerie quand on a besoin de toi ? »

Dieu : « Maintenant que je suis en face de toi, qu'aimerais-tu me dire ? »

Monkey : « Heu… Pourquoi tu n'réponds jamais aux questions qu'on t'pose ? »

Dieu : « Trêve de bavardages ! Je vois que tu as fait la demande d'une carte de séjour pour le Jardin d'Eden. Quelles sont tes motivations ? »

Monkey : « Parait qu'y a des vierges qui pratiquent la sodomie. »

Dieu : « Ah ! Je savais que cette histoire de vierges attirerait les touristes. Malheureusement, en lisant ton CV, je constate quand même beaucoup d'infractions au Code des Moeurs notamment celle de ne pas avoir pleuré à l'enterrement de ta mère. »

Monkey : « Cette s***** ( dingue la censure au paradis ) a tout légué au chien, comment voulez-vous jouer la comédie après ça ? »

Dieu : « On t'aurait aussi vu dans des manifestations antisémite. »

Monkey : « Les racistes ont un sens de l'humour beaucoup plus développé, on se marre dix fois plus avec eux. »

Dieu : « Et pourquoi avoir tenté de kidnapper un enfant ? »

Monkey : « J'avais besoin de quelqu'un pour faire le ménage. »

La voix : « Monsieur Monkey, nous avons bien pris en compte votre demande, en attendant, veuillez patienter dans la salle sur votre droite, la porte où est marquer "Highway to Hell". On vous rappellera. »

# Posté le jeudi 23 août 2007 12:19

Modifié le samedi 25 août 2007 19:23

Le jour où le petit prince rencontra Francis Evrard

Il se trouvait dans la région des astéroïdes 325, 326, 327, 328, 329 et 330. Il commença donc par les visiter pour y chercher une occupation et pour s'instruire.

Le premier était habité par un roi. Le roi siégeait habillé de pourpre et d'hermine, sur un trône très simple et cependant majestueux.
« Ah ! Voilà un sujet ! » s'écriât le roi quand il aperçut le petit prince.
Et le petit prince se demanda :
« Comment peut-il me reconnaître puisqu'il ne m'a encore jamais vu ? »
Il ne savait pas que pour les rois, le monde est très simplifié. Tous les hommes sont des sujets.

« Qui es-tu ? lui demanda le petit prince
- Je suis Nicolas Sarkozy !
- Que fais-tu ici tout seul ?
- Je me repose, j'ai beaucoup de chose à faire là où je vis.
- Oh ! Et où vis-tu ?
- Je vis sur la planète Terre.
- ( Il doit donc savoir ce qu'est un mouton ! ) Nicolas, dessines-moi un mouton !
- Un mouton ? ( le roi sortit une vielle affiche UMP de sa poche et, au dos, dessina ce que le petit prince lui avait demandé ) Tiens !
- C'est ça un mouton ?
- Oui
- Et c'est quoi ça sur leurs têtes ?
- C'est un béret.
- Tu es sûr que les moutons ont ça sur la tête ?
- Oui, là où je vis, j'en ai 60 millions.
- 60 millions ???
- Oui
- Et ils sont tous à toi ?
- Oui
- Et qu'est-ce que tu en fais ?
- Je les fais travailler plus pour gagner plus.
- Ah ! Et ça leur plaît de faire cela ?
- Je ne sais pas, ça ne parle pas un mouton. »

Le petit prince devint méfiant, lui qui est certain que tout le monde sait parler, et il partit.
« Les grandes personnes sont bien étranges » se dit-il.

Le second astéroïde était habité par un buveur. Cette visite fut très courte mais elle plongea le petit prince dans une grande mélancolie.

« Qui es-tu ? dit-il au buveur qu'il trouva installé en silence devant une collection de bouteilles vides et une collection de bouteilles pleines.
- Je ne sais plus, répondit le buveur, d'un air lugubre
- Et que fais-tu ici ?
- Je bois.
- Pourquoi bois-tu ?
- Pour oublier.
- Pour oublier quoi ? s'enquit le petit prince qui déjà le plaignait.
- Pour oublier ce qui se passe là où je vis.
- Oh ! Et où vis-tu ?
- Je vis sur la planète Terre.
- ( Il doit donc savoir ce qu'est un mouton ! ) S'il te plait, dessines-moi un mouton !
- Un mouton ? ( le buveur avait une pile de feuilles caché entre les bouteilles, sur lesquelles il écrivait ce qu'il tentait d'oublier, il en prit une et dessina ) Tiens !
- C'est un mouton ça !?!
- Nan, c'est la queue d'Abraham Lincoln, hé hé ! » ( le buveur est blagueur )

Vexé, le petit prince laissa tomber le dessin dans une flaque de whiskey et s'en alla.

« Les grandes personnes sont vraiment étranges » se dit le petit prince durant son voyage.

L'astéroïde suivant était occupé par un homme seul assit sur une chaise.

« Qui es-tu ?
- Je ne peux pas te le dire.
- Pourquoi donc ?
- Par-ce que, si tu savais qui je suis, tu t'enfuirais.
- Et que fais-tu ici ? poursuivit le petit prince, au lieu de prendre ses jambes à son coup, ces gamins j'vous jure.
- Rien.
- Et pourquoi ne fais-tu rien ?
- Par-ce qu'on m'a condamné à ne rien faire ici.
- Et qui t'a condamné ?
- Les gens de là où je vis.
- Oh ! Et où vis-tu ?
- Je vis sur la planète Terre.
- ( Il doit donc savoir ce qu'est un mouton ! ) S'il te plait, dessines-moi un mouton !
- Un mouton ? J'aimerai bien mais j'ai perdu mes crayons de couleur là-bas, de l'autre coté de l'astéroïde. Si tu veux on peut aller les chercher ensemble. Tu veux bien m'aider à chercher mes crayons de couleur ?
- Bien sur ! » fit le petit prince, heureux de pouvoir enfin aider quelqu'un.

Et il partirent de l'autre coté de l'astéroïde, un endroit très sombre. Vingt-cinq minutes plus tard, le petit prince revint seul, en se tenant l'arrière-train, à défaut d'avoir découvert le mouton, il avait vu le loup !
C'est en boitant qu'il quitta l'astre, décidant même d'arrêter de voyager, il avait enfin compris ce qu'était la vie d'adulte...

# Posté le samedi 08 septembre 2007 18:19

Modifié le samedi 10 octobre 2009 08:55

Qui gagne perd !

Dix euro gagnant sur Pédophile du Rib à 25 contre 1. Quand même, cet enfoiré de Kutli, il baise ma femme mais quel pronostiqueur de génie.
J'ai donc touché 250 euro, j'ai payé un coup à un conard qui devient sympa en buvant, acheté des Davidoffs et, en rentrant, j'ai jeté 2 euro à la tronche d'un clodo, s'achètera une corde, bon débarras ! J'ai aussi fait un détour par le Petit-bois pour voir Anna, la meilleur de la ville, pour 10 euro de plus, elle te prépare une Tartiflette après l'acte. Rassasié, il ne me restait plus qu'a aller fouler ma moquette. En ouvrant la porte, j'ai pu entendre Kutli s'échapper par la fenêtre, j'suis allé pisser, comment lui en vouloir, ai enlevé mes chaussures, c'est vrai quoi, 25 contre 1 quand même, rangé les 130 euro qu'il me restait dans un tiroir, enfoiré de Kutli, et suis rentré dans la chambre, ma femme était couché sur le lit, nos regards se sont croisés :

« Salut connard !
- Hep pétasse ! »

Le gamin dormait déjà, j'ai passé une bonne journée, il a d'la chance, prendra sa raclé demain. Heureusement qu'il est né avec la Mucoviscidose, me ferra pas chier trop longtemps. Après une demi-heure à essayer de convaincre ma guenon de pratiquer la sodomie, j'ai fini la soirée devant les Experts qui, après trois semaines d'analyses et d'études comparatives de poils de cul, ont réussit à boucler un tueur de grand-mères, fort ces ricains ! Un dernier coup d'oeil sur mes mains détruites par la forge, qu'elles sont loin les mains de pianiste de ma jeunesse, faîtes pour jouer du Prokofiev, elles ne sont plus bonne que pour du Fatal Bazooka aujourd'hui. Un soupir et dodo.
J'ai bien dormi mais, au réveille, j'ai remarqué que la place d'à coté était froide, j'ai fait le tour du propriétaire, plus un rat, les armoires : vide, le frigo : vide, elle a même emporté le papier Q, du Lotus en plus. Un petit mot était posé près du téléphone :

« J'me casse connard, je vais refaire ma vie avec Kutli dans le sud, j'emmène le gosse avec, il te déteste.
PS : j'ai pris les 130 euro qui traînait dans le tiroir. »

# Posté le samedi 15 septembre 2007 06:28

Les jours de Jim

« Qui a vomis l'premier ? »

Le café est froid, la télé est en panne, il n'a plus baisé depuis huit mois, son réveil sonne à 5h du matin cinq jours par semaine et tout ça l'emmerde royalement.
Jim voulait devenir peintre avant de se rendre compte qu'il n'avait pas de talent et de baisser son froc, peine capitale des gens sans talent, il passe ses jours à curer les chiottes d'un building rempli de minables comme lui mais en mieux habillé.

La radio passait du slam, le nouvel art des cons, après les comédies musicales et le zouk.

« J'voudrai faire un slam car pour mes copains j'réclame :
Plus de coton dans les chaussettes en coton.

J'te d'mande pas d'chaussettes en laine mais juste pour qu'ils aient moins la haine,
Un peu plus d'polyéthylène.

Pas b'soin non plus d'polyester car comme l'dit ma copine Esther :
« Rien d'mieux qu'les chaussettes en coton et en hiver, t'as l'air moins... »

Il a éteint.
Aujourd'hui c'est samedi, il aime bien le samedi, le bar ferme plus tard et il peut y passer toute l'après-midi à mater la serveuse.
En refermant la porte, il a put apercevoir une dernière fois son salon, « je ferrai bien de faire le ménage un de ces jours » s'est-il dit.

Sid était déjà là, c'est le meilleur ami de biture de Jim.
Sid est mécanicien depuis toujours, en gros, il est déjà mort, pour arrondir ses fins de mois, il cambriole des grand-mères, une fois, il est tombé sur une dégourdie qui donnait de la voix, il a dut la poignarder puis, pour ne pas se faire pincer, mettre le feu à la baraque. Il s'est dit qu'il ne recommencerai jamais, on fait souvent ça après avoir fait une chose horrible, une sorte de laxatif pour remords.
Il ne l'a jamais raconté à Jim, tout comme le fait qu'au lycée, sous les douches après le cours de sport, il avait une forte envie de l'enfiler. Il faisait des pieds et des mains pour cacher sa queue en érection.

Jim s'est assis à coté, a commandé, toujours aussi étonné de constater qu'il boit autant, lui qui ne pensait commencer qu'après la signature d'un CDI où d'une demande en mariage, allumé une cigarette et lancé la discussion.

La conversation accompagnant les premiers verres est souvent terre à terre donc inintéressante : l'état de santé du chien, le boulot, l'actualité sportive, l'actualité tout court , etc...

Dixième verre.

« Mon chef me fais de plus en plus chier !
- C'est son métier.
- Il me laisse faire le sal boulot pendant qu'il se fait sucer par la secrétaire.
- Il a d'la chance
- Je vais l'descendre !
- Bonne idée.
- Mais il me faut un associer.
- T'inquiète pas ! Je t'aiderai.
- T'es un vrai pote Jim ! »

Sid joue le même couplet tous les soirs et son patron vit toujours, plutôt bien même. L'alcool nous fait dire un tas de choses trop belle pour être vraie c'est bien connu, d'ailleurs, n'est-ce pas complètement saoul qu'un alcoolique promet d'arrêter de boire ?

Au quinze, seizième verre, on passe par le passage obligé de la nostalgie, on se rappelle le bel age, tout ce qu'on faisait pour fuir la banale réalité avant de se rendre compte, de la fumé plein les poumons, que la réalité nous a rattrapé et que l'on est devenu le plus banal des hommes.

Au vingtième, on arrête, on ne dit plus rien, on ne pense plus, on s'en fou tout simplement et le lendemain, on se réveille en se demandant qui a vomis le premier.

# Posté le samedi 29 septembre 2007 10:38

Modifié le vendredi 12 octobre 2007 05:21

La nuit où j'ai rencontré un singe vert

Le soleil me brûlait les yeux.

Dimanche, 15h27 sur l'horloge.
Tic tac tic tac tic tac... les secondes n'arrêteront-elles jamais de courir après le néant ?

Hier j'ai fêté l'anniversaire de mon meilleur pote, sa maison était remplie de filles ; des salopes, des pétasses, des gamines...

Je m'en suis tapé aucune.

On a bien rigolé quand mon meilleur pote a découvert que l'une des pétasses s'est cassé avec son porte feuille et l'argenterie.

La nuit, en rentrant, je me suis assis sur un banc histoire de fumer et de penser à ne plus penser. J'essayais de faire des ronds de fumé lorsqu'un type s'est approché de moi.

« Hep cher amie ! J'peux t'en gratter une ?
- J't'en pris. » et je lui tendis le paquet.

Il en prie une, l'alluma, regarda le ciel et souffla la fumer en soupirant.

« Qu'est-ce tu fous là a c't'heure-ci ?
- Je reviens d'une soirée et j'me suis posé là histoire d'oublier.
- Oublier ?
- Voué on est Dimanche, c'est trop déprimant pour qu'on s'en rappelle.
- C'est sur, la routine nous ronges les tripes. A quoi bon recommencer ces foutues semaines sachant qu'il n'y a qu'une vingtaine de minutes de pure bonheur qui nous attendent, le reste de temps, on le passe à souffrir, s'ennuyer, chier ou dormir.
- Et toi qu'est-ce tu fous là ?
- Rien, je ne suis qu'un pauv'type recherchant désespérément l'inspiration.
- L'inspiration ? Pourquoi faire ?
- Pour exister bon sang ! Ou pour croire que j'existe, je sais plus très bien. Regarde les gens, tu reconnais très vite ce qui ne cherche pas l'inspiration : c'est des cadavres, ils sont mort avant d'avoir faim.
- Et tu fais quoi pour la trouver CETTE inspiration ?
- Suis-moi ! »

Le type a balancé sa cigarette, et on a marché, environ 5 minutes, jusqu'au premier bar venu. Il a poussé la porte, on s'est installé au comptoir.

« Deux Martini ! Avec une rondelle de citron chef !
- En buvant ? C'est comme ça que tu l'as cherche ?
- Oui, elle est là, regarde bien, généralement, elle se trouve bien au fond, caché sous les glaçons.
- Donc tous les poivrots sont des chercheurs d'inspiration ?
- Oui, des inspirés ou des désinspirés, cela dépend depuis combien de temps il cherche ; on ne la trouve pas toujours et quand on la trouve, elle peut s'enfuir à tout moment.
- C'est des conneries, moi, quand je bois, je ne recherche rien.
- T'es un desinspiré. Tu es finis ! »

Je suis resté avec lui encore quelques heures. Il se prenait pour un singe vert, il avait un grain !

N'empêches, en me réveillant aujourd'hui, je suis tombé sur un petit bout de feuille qui traînait là sur mon bureau, j'ai pris un stylo que je n'avais plus touché depuis le lycée et j'ai écris :

« Le soleil me brûlait les yeux.

Dimanche, 15h27 sur l'horloge.

Tic tac tic tac tic tac... les secondes n'ar... »

Ça m'a fait du bien.

# Posté le dimanche 04 novembre 2007 17:48

Modifié le jeudi 08 novembre 2007 13:57