Le jour où j'ai chassé au Macumba

Tout prêtait à croire que ce serait une soirée ordinaire. Peignoir souillé sur le dos, je regardai le cendrier se remplir au fil des heures et les bouteilles vides giser sur le sol. La nuit était déjà bien entamé lorsque je m'aperçu que Claire Chazal, ma poupée gonflable, n'était pas dans son état normal. Une entaille d'au moins vingt centimètres lui défigurait le bas des reins.

Qu'allais-je devenir sans elle ?
Qu'allais-je bien pouvoir faire de mes nuits maintenant ?
Me fallait une guenon et VITE !

Ni une ni deux j'enfile une chemise rose saumon, Dop dans les cheveux, Axe sous les aisselles et direction la jungle urbaine à la recherche de gibiers frais.
J'atterris au Macumba, c'est pas très ragoûtant mais c'est là qu'il y a le plus de guenons au mètre carré, accueillis par une énorme affiche sur laquelle deux types à casquette font d'étranges signes avec leurs doigts comme s'ils jouaient à Chifumi.

Soirée Spéciale Jeunes Talents du Rap Français
avec Skyrock bien sur !

Quelle pouasse ! Je sors trois fois par an et faut qu'j'me tape les soirées les plus pourris !
J'entre et vais me caler au bar. Un jeune métis en jogging gigotait sur la scène, se prenant pour un poète révolutionnaire car il arrivait à faire rimer « cocaïne » et « pine ». Je dus patienter au moins une demi-heure, regardant toute une génération de clubber se trémousser dans un aquarium de fumé, avant que la première guenon ne pointe le bout de son nez : une blonde venue commander un sky-coca.
Un faciès plutôt sympathique comparé au mien, un peu de cellulites mal placé mais de gros seins. Elle a tiré la première, sûrement à cause de ses yeux revolvers :

« Excusez-moi mais... j'ai l'impression de vous avoir déjà vu quelque part, vous faites de la télé nan ?
- Possib'. Mon ex m'a fait passer dans un reportage de Confessions Intimes.
- Ah bon ! Et pour quel sujet ?
- Mon mec se prend pour un génie et fait caca dans l'salon. »

La mine déconfite, elle prit son verre et se noya dans la masse.

La consommation croissante de produits alcoolisés commençait à faire vaciller mon esprit.
C'est alors que quelqu'un m'agrippa par les côtes en me soufflant une proposition indécente à l'oreille, connaissant soi-disant un coin mal éclairé non loin des toilettes. Je dois avouer que l'idée ne me déplaisait pas, enfin, jusqu'à ce que je me retourne.
Une femme à barbe avec, semble-il, un lien de parenté avec Yvette Hurner.

« Heu... Désolé mais j'suis gay !
- Allez ! Viens, ça va t'changer.
- Ecoute, je préférai encore être zoophile que de toucher n'importe quelle partie de ton corps ! »

N'insistant pas, elle aussi devint naufragée de la foule.
Pas moins de cinq minutes plus tard, un Chuck Norris miniature m'accoste :

« I parait qu't'es PD ?
- Voué
- On aime po les PD ici !
- Ah... Ba... Heu... Pour baiser ta mère je peux faire une exception si tu veux ! »

Il a cogné le premier, sûrement à cause de ses yeux revolvers ( je sais, ça l'fait moins bien cette fois-ci ).
Je me suis réveillé dans l'arrière-boutique entre deux gorilles, coton dans le nez et lèvres écorchées. N'ayant plus grand espoir à séduire quoi que ce soit avec une tronche pareille, je me fis gentiment raccompagner à la sortie ( on s'entend bien entre singes ).

Cette nuit là, je me rappelle m'être endormis avec une forte douleur à la main droite...
# Posté le lundi 09 juillet 2007 16:08
Modifié le dimanche 28 décembre 2008 13:25

Le jour où l'empire Disney s'ecroula

Qui ne s'est jamais dis que la vie était belle en sirotant un lait fraise devant une cassette de Disney.

Malheureusement les plus jolis contes cachent généralement une sordide réalité.
Quelle ne fut pas ma stupéfaction quand j'appris, en lisant Voici, que Minnie trompe Mickey avec Dingo.
L'affaire fit grand bruit, obligeant même le F.B.I à ouvrir une enquête.
C'est ainsi qu'on découvrit au fil des révélations que les douces romances de nos jeunes années n'étaient que de tristes histoires d'adulte maquillées.

La Belle au Bois Dormant a divorcé avec le Prince Charmant, se remariant avec son meilleur ami Monsieur Courgeot, vous connaissez la suite…

Blanche-Neige était noire et travailla jusqu'à son dernier jour comme bonne à tout faire pour les sept nains talibans qui, prétextant travailler à la mine, préparaient les attentats du 11 septembre avec leurs pote Oussama.

Alice se prostituait au Pays des Merveilles. Par contre, c'est la seule qui s'en soit sortis, créant un fournisseur d'accès à Internet. Aujourd'hui, elle coule des jours heureux à Monaco.

Tic et Tac ne sont pas que de bon amis. Il y a peu, ils se sont fait unir par les liens sacrés du mariage à Bègles.

Pinocchio n'est jamais devenu un petit garçon, il s'est fait recycler en meuble IKEA.

Suite à un long procès, les juges ont condamné l'accusé ( Mr Walt Disney ) à dix ans de prison ferme pour avoir donné de faux espoirs à des millions d'enfants en mal de rêves.
# Posté le lundi 16 juillet 2007 15:53
Modifié le jeudi 09 août 2007 16:24

Le jour où je suis devenu célèbre

Encore un matin, un matin pour rien ( merci Jean-Jacques ), je me lève et je te bouscule ( merci Claude ).
Je range la poupée gonflable et direction les WC pour le morning caca habituel.

Tranquillement assis à réfléchir sur mon prochain article quand v'la ti pas qu'un paparazzi surgis du bac à linge sale et me mitraille avec son appareil diabolique.

« Heu… Mais qu'est-ce qui vous prend ? Je sais que j'ai un p'tit coté Jean-Pierre Pernaut mais tout d'même !
- Ba quoi ? T'es pas au courant ? Tu fais la une de Télérama, ton blog a reçu les meilleurs critiques !
- Quoué ??? »

Stupéfait, je descend de mon trône et fonce mettre en route mon Amstrad CPC 464.
Nadar disait vrai, plus de mille clicks rien que cette nuit et devant chez moi, une dizaine de sexagénaires ( public de Télérama oblige ) attendant de se faire dédicacer leurs gaines.

Putain ! On m'a peoplisé !

La plupart des gens connus vous dise que la gloire ne les a pas changé et bin je peux vous dire que c'est complètement faux, je ne suis plus du tout le même homme.

La première conséquence de ma célébrité naissante est que ma tête a doublé voir triplé de volume :

Aujourd'hui je mets des slips propres et me prends pour le Jean d’Ormesson de la blogosphère, ponctuant mes phrases par des citations de Chateaubriand ou Schopenhauer.

Le second effet est que l'on devient très vite overbooké :

Stéphane Bern m'invite à l’opéra, j'ai accepté bien qu'effrayé à l'idée d'écouter de grosses femmes chanter en Allemand pendant des heures. Une heure plus tard, Magloire me convie à un concert privé de Shy'm, j'ai cédé une fois de plus, c'est chiant comme le monde mais on boit à l'oeil.

Quelle merde !

Je n'peux plus squatté un bar sans être obligé de payer ma tourné, les prostitués me reconnaissent et augmentent leurs tarifs, les clodos m'insultent quand je laisse moins de 2 euro, etc…

J'ai passé la journée avec une horrible paire de lunettes noires sur le nez à éviter des groupies ménopausées en furie.
Enfin couché dans mon lit à profité de mes quelques heures de liberté, perdu dans l'ivresse du sommeil, j'entends mon portable raisonner : un texto de Laurent Boyer m'invitant à son prochain Fréquenstar.

Au Secours !

# Posté le lundi 23 juillet 2007 16:26
Modifié le jeudi 09 août 2007 16:29

Un jour comme un autre, quelque part dans le cosmos

Dévoré par l'ennui, j'enfile mes nouvelles chaussures achetées en solde et m'en vais arpenter le bitume.
La rue est calme, en regardant en l'air, j'aperçois la fille du coupeur de joints qui me salut du haut de sa fenêtre, je fais de même en me promettant de la sauter un jour. J'gratte une cigarette au voisin et poursuis ma route.

Au square, je trouve Rémi en train d'essayer de refourguer de l'herbe de mauvaise qualité à des gamins.
J'l'aime bien Rémi.
Après Nicolas Sarkozy c'est le mec qui me fais le plus marrer, me sortant des trucs du genre « quand j’aurai un CDI, je fonderai une famille » ou « je veux que ma mère soit fière de moi ».
Sacré oeuf dure ce Rémi !
Peu enclin à passer la soirée en GAV, je l'abandonne à son commerce.

En sortant, j'aide une vielle dame à traverser la route, bien sur j'en profite pour lui faire les poches. Rien qu'un billet de dix, de quoi se rafraîchir le gosier.

Au bar je discute avec Jack, un pessimiste qui se sent mal s'il a moins de 2 grammes d'alcool par litre de sang. Depuis que sa guenon l'a quitté, il passe son temps à exposer des théories sur les relations homme-femme, c'est supportable à condition d'avoir deux ou trois verres dans l'nez.
20h10 pétantes à l'horloge Heineken, l'heure de rebrousser chemin et de se chercher une activité pour la nuit qui vous tend les bras.

Au passage clouté, je croise le regard triste de Rémi, assis menotté sur la banquette arrière de la voiture qui me laissait passer.

Le square s'est vidé. Un junky couché sur le banc, un hochet oublié et un ballon prisonnier des ronces servaient de décor au silence.

Arrivé chez moi, mon voisin m'apprend que la fille du coupeur de joints s'est balancé dans le vide.

Simple journée au milieu de nulle part…
# Posté le vendredi 27 juillet 2007 09:21
Modifié le jeudi 09 août 2007 16:32

Le jour où ma soeur s'est fiancé

Après ma collection de cendriers en forme de pénis, il n'y a rien de plus cher à mes yeux que cette petite femme au coeur d'artichaut que mes parents ont acheté à un couple de manouches pour trois fois rien. Pour son bonheur, je pourrai tout sacrifier, tout sauf ma collection de cendriers en forme de pénis, quoi que maintenant, c'est un autre homme qui veille sur elle mais je dois dire que j'ai la chance d'avoir un beauf-frère vraiment adorable. Cultivé, raffiné et véritable séducteur, peu de femmes résisteraient à son fameux « Hé dis-don' toi ! J'te pèterai bien la rondelle, ça t'tente ? », je suis rassuré de la savoir entre de bonnes mains.

Fin philosophe, il ne se lasse pas de nous exposer ses analyses politiques dignes des plus grands éditorialistes :

« Et bin moi j'dis qu's'y'aurai moins d'bamboulas pour nous sucer nos alloc', et bin y'aurai bin longtemps qu'j'aurai pu m'acheter ma Kangoo ! »

De plus, c'est un homme très moderne, n'hésitant pas à participer aux taches ménagères.

« Chérie ! R'garde, t'as oublié d'faire la poussière sous l'cendrier en forme de bite qu'nous a offert ton frère. »

C'est aussi un pure romantique qui ne renie pas sa part de féminité.

« Viens voir chérie ! J'ai dessiné un coeur en pissant sur la neige ! »

N'allez pas croire que c'est toujours aussi rose malgré tout, comme dans tous les couples, il y a parfois de l'eau dans le gaz, faut dire qu'il lui a fait un sacré coquard quand il apprit que Le Pen n'était que quatrième le soir du premier tour mais, grand gentleman qu'il est, il a su se faire pardonner en la demandant en mariage.
Ça faisait bin longtemps qu'elle attendait ça.
Je m'imagine déjà chantant « Et on fait tourner les serviettes ! » entre deux moustachus plein de bières…

PS : si jamais vous avez des cendriers en forme de pénis dont vous souhaiteriez vous débarrassez, n'hésitez pas à me contacter.
# Posté le dimanche 19 août 2007 14:18
Modifié le mercredi 22 août 2007 04:21